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La nuit la plus longue : solstice, lenteur et l’art d’être, tout simplement

Notes crépusculaires / Publié le 17 / 12 / 2025

Le solstice d’hiver, ce n’est pas juste une date sur le calendrier.

C’est un écho.
Quelque chose d’ancien, de profond.
Bien avant qu’on commence à troquer des points Mastercard contre des cadeaux de dernière minute, c’était un moment sacré. Le grand tournant de la roue de l’année.

On l’appelait Yule, et on le célébrait avec du feu, des rassemblements, des repas, des réflexions.
C’était la renaissance du soleil. La promesse que la lumière allait revenir.
Un rappel que la noirceur, aussi vaste soit-elle, n’est jamais éternelle.

Chez nous, c’est devenu un rituel.
Notre façon à nous de dire : stop.
De choisir la lenteur, la tendresse, la simplicité.
Et d’honorer cette pause saisonnière qui invite à la lumière… sans bruit.

Une saison de contrastes

L’automne m’a beaucoup appris.

Entre les nuits blanches de dents qui poussent et les siestes écourtées, entre les marchés artisanaux et le lancement de mon entreprise, entre les moments de doute et de fierté, je suis en train de devenir quelqu’un de nouveau.

J’ai découvert que je peux être résiliente et douce.
Fatiguée et appliquée.
Émotive et en maîtrise.
Désorganisée… et suffisamment bonne comme ça.

Cette saison m’a montré que je suis assez.
Pas parce que je fais tout.
Mais parce que j’arrive à me regarder avec un peu plus de bienveillance. Comme mère. Comme conjointe. Comme créatrice. Comme humaine.

Et l’hiver, avec ses ombres longues, ses arbres nus, son silence presque sacré, m’aide à faire de la place pour ça.

Lumière d’ambiance (et de vie)

Avec mon mari Cédric, on a récemment décidé d’investir dans un meilleur éclairage d’ambiance pour le salon et la mezzanine.

Pas juste pour l’esthétique (même si c’est maintenant super cozy) — mais parce qu’on avait besoin de lumière douce dans cette noirceur.

Et comme tout dans ma vie ces temps-ci… même les lampes sont devenues des métaphores.

Parce que moi aussi, je suis redevenue une créature de la nuit.
Entre régressions du sommeil, rhumes et bébés collés, j’ai passé beaucoup de soirées dans le silence, Rosalie endormie sur moi, à penser. À rêver. À observer.

Et ces pensées-là… je veux les honorer.
C’est ça, le solstice pour moi : un espace pour écouter ce que la noirceur veut nous dire.

Notre solstice (pas religieux, pas capitaliste, juste intentionnel)

Il y a quelques années, Cédric et moi avons décidé de repenser nos traditions.
Pas de père Noël. Pas de sapin. Pas de frénésie d’achat.

À la place, quelque chose de plus doux.
De plus vrai.

Le solstice est devenu notre fête.

Cette année, on va :

  • faire une promenade en famille pour admirer les lumières,

  • cuisiner un gâteau forêt noire aux canneberges,

  • partager un brunch festif,

  • décorer la maison avec des branches de pin, des oranges séchées, des canneberges,

  • allumer quelques bougies et boire quelque chose de chaud.

Ce sera simple, mais précieux.
Ce sera notre façon de dire : on célèbre la saison. Ensemble.

Je n’ai pas fini le calendrier de l’avent cousu main que je voulais faire pour Rosalie.
Ce n’est pas grave.
On a fait de la place pour ce qui compte. Et c’est ça, le cœur de notre rituel.

Ce que je choisis de nourrir

Je laisse derrière moi le sentiment d’être toujours à bout de souffle.
L’impression que je dois tout faire, parfaitement, en même temps.

Ce que je choisis de nourrir, maintenant, c’est une version de moi plus enracinée.
Plus douce et plus solide.
Plus structurée, mais avec de l’espace pour respirer.

Parce que mon entreprise grandit vite.
Parce que ma fille aussi.
Et que leurs besoins — et les miens — évoluent sans cesse.

Je ne veux plus me perdre en courant après tout.
Je veux construire lentement.
À mon rythme.
Avec intention.

Une inspiration pour votre solstice

Si vous ne faites qu’une chose cette nuit-là, je vous propose celle-ci :

Sortez.

Laissez le froid vous mordre le nez,
écoutez la neige craquer sous vos bottes,
sentez l’air d’hiver entrer dans vos poumons,
et demandez-vous ce que cette saison essaie de vous dire.

L’hiver est une forme de méditation.

Il nous invite à observer, à ralentir, à ressentir.
Et peut-être même… à accepter.

Mon rituel, cette année ?
Accueillir toutes mes émotions. Même celles qui font peur. Même la colère.
Depuis que Rosalie entre dans sa phase de grandes émotions, je pense à mes propres vagues à moi.
Je veux apprendre à les nommer. À les réguler. Pour elle, et pour moi.

Ma réflexion du solstice :
Qu’est-ce que j’ai peur d’accepter de moi-même ?
Quelle est la chose que je pourrais déballer à la lumière — cette chose qui me rend profondément humaine ?

Parce que même dans la noirceur, la lumière revient.
Et on peut lui faire confiance.

Sur une carte rituelle, j’écrirais ceci :
Baigne dans la lumière que tu offres aux autres.

À toi, en cette nuit la plus longue

Tu n’as pas besoin d’être productif.ve.
Tu n’as pas besoin d’un plan.

Tu as le droit d’être juste là. Présent.e.
En silence.
À respirer.

Cette nuit — cette longue nuit — est une page dans ton histoire.

Avec gratitude et bienveillance,
Sarah B.
Fondatrice, Atelier scriptural Writuals