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Ode aux carnets et à la papeterie

Notes crépusculaires / Publié le 24 / 12 / 2025

Alors que le Québec en entier rôtit des dindes ou esquive des conversations familiales en tenue festive, j’arrive avec quelque chose d’un peu différent : une lettre d’amour passionnée, imprévue et très sentimentale… aux carnets et aux agendas.

Oui, le 24 décembre. Personne ne l’a demandé. Et pourtant, me voici.

Parce que pour moi, les Fêtes ne commencent pas tant que je n’ai pas sorti mes Stabilo, fait l’inventaire de mes stylos préférés, gribouillé une page test dans mon nouveau carnet et fait un deuil digne de mes surligneurs à sec.

Pas de bûche, pas de party — mais un moment sacré : choisir le bon papier pour m’accompagner l’an prochain.

Cahiers Canada et agendas à hologrammes : mes débuts

Si tu as grandi au Québec, tu te souviens sûrement des Cahiers Canada — lignés, minces, un peu récalcitrants, mais essentiels. C’était mes premiers carnets.

Puis, au secondaire, on nous donnait ces agendas d’école fournis par la commission scolaire. Couvercles brillants, vaisseaux spatiaux imprimés en pixel art, police Comic Sans… Le summum de l’an 2000.

Mais mon premier carnet choisi avec intention ? C’était à l’université, pour mon premier cours d’histoire de l’art. Je l’ai acheté avec mon amie Colette à la Papeterie Nota Bene — un sanctuaire pour les gens comme moi — et je m’en souviens comme si c’était hier. Un carnet japonais, au papier soyeux. Une révélation.

Depuis, j’ai pris l’habitude : un nouveau projet, un nouveau carnet. Un nouveau chapitre de vie ? Direction Nota Bene.

Monogame des agendas (jusqu’à ce que…)

Pendant 15 ans, j’ai juré fidélité à l’agenda Moleskine grand format à couverture souple. Une valeur sûre. Puis, j’ai osé m’aventurer ailleurs. J’ai acheté un agenda signé Petrantoni non daté, magnifique… et j’ai perdu la tête.

L’anxiété de possiblement sauter une semaine complète en juillet ? Non merci. J’ai un enfant et une entreprise maintenant, j’ai besoin de structure, pas de sueurs froides et de liquide correcteur.

J’ai réalisé que je voulais un agenda pensé pour les vraies vies, pas juste pour les to-do lists Pinterest. J’avais besoin d’un objet qui me ressemble. Alors je l’ai créé.

L’Éphéméride est né. Un agenda qui respecte le rythme des saisons, qui offre de l’espace pour planifier et réfléchir. Un agenda qui comprend que ralentir n’est pas une faiblesse — c’est un choix noble.

L’agenda et le carnet : duo inséparable

Depuis le secondaire, je traîne deux objets sacrés avec moi :

  • Un agenda (pour les choses officielles : échéances, rendez-vous, anniversaires, listes d’épicerie, idées de cadeaux, horaires de siestes…)

  • Un carnet (pour le chaos créatif : idées de projets, listes de choses à acheter pour un DIY, voyages, rénovations, réflexions à 2 h du matin avec un bébé endormi sur moi)

Ces deux-là, c’est mon système nerveux externe. Et non, je ne les montre à personne.

Je n’achète jamais un carnet pour qu’il reste dans un tiroir. Ce serait criminel. Je les garde précieusement jusqu’à ce que leur moment arrive. Leur choisir un usage, c’est comme choisir une coupe de vin pour un bon souper : ça se pense.

Le grammage doit être parfait. La reliure doit être fiable. La couverture doit vieillir avec moi.

Mon grand rituel de décembre (pas de pain d’épices, mais des Stabilo)

Chaque fin d’année, je fais le bilan de mes outils :

Je teste tous mes stylos.

Je fais mes adieux à ceux qui sont secs.

Je note les couleurs à renouveler.

Je réfléchis à la vibe papier que je veux pour l’an prochain.

Je suis fidèle à mes LePen et mes Stabilo. Je m’autorise parfois une petite folie (hello Sharpie couleur sauge), mais sinon ? Je reste cohérente.

Je pense même à me lancer dans les stylos plume cette année. Le romantisme de choisir son encre… chef’s kiss.

La papeterie, c’est mon langage d’amour

Depuis que je suis maman, et entrepreneure en même temps (oui, j’ai fait ça en 2024-2025 comme une grande), mes outils papier sont devenus une bouée de sauvetage.

Mon cerveau ? Une purée de banane et de listes mentales.
Mon agenda ? Mon filet de sécurité.
Mon carnet ? Mon refuge.

Tout passe par là. Et maintenant que je crée mes propres outils ? Je vis dans la papeterie de mes rêves.

Colette, le retour : la boucle se boucle

Tu te rappelles de Colette ? Celle avec qui je choisissais mes carnets à l’université ?

Cette année, elle a acheté un carnet fait par moi. Pas juste pour m’encourager — pour l’utiliser. Parce qu’il lui parlait.

Et moi, je suis restée là, les yeux humides, le cœur gonflé d’émotion.

De cliente à créatrice.
De rêve à réalité.
D’usagère de cahiers Canada à… fondatrice de Writuals.

Le cercle est bouclé. 

Un 24 décembre comme je les aime

Alors non, ce billet n’est pas sur Noël.

Mais c’est mon petit cadeau de fin d’année. Mon ode aux carnets, aux stylos, aux agendas, et à tout ce qu’ils permettent :
Être soi-même.
Créer du sens.
Rêver un peu.
S’organiser beaucoup.
Et écrire, en toute liberté.

Que tes écrits soient sans bavures.
Que ton papier soit lisse.
Que ton agenda ait de l’âme.
Et que ton année commence avec une page blanche pleine de promesses.

Avec amour, papier et pyjama festif,
Sarah B.
Fondatrice, 
Atelier scriptural Writuals