Ce qui cherche à fleurir
Il y a un moment chaque année — discret, presque timide — où l’air change.
On ouvre une fenêtre juste un peu, et soudain, tout semble… possible à nouveau.
C’est de là que j’écris.
Pas d’un bureau parfaitement rangé (jamais), ni d’un moment de clarté absolue (ça non plus), mais d’un entre-deux :
entre l’hiver et le printemps, entre le repos et le mouvement, entre ce qui était et ce qui commence doucement à émerger.
Et dans cet espace-là, Writuals s’étire à nouveau.
Un deuxième départ (mais plus doux)
On travaille en ce moment sur une deuxième série de produits.
Dit comme ça, ça sonne très structuré — comme si j’avais un plan béton, un échéancier, des tableaux bien alignés.
Spoiler : non.
Ce que j’ai, c’est plutôt une pile d’essais papier, des idées à moitié commencées, des mélanges de semences qui m’obsèdent un peu… et des traces de peinture qui viennent, disons, de très petites mains très enthousiastes.
Parce que si je suis honnête — une grande partie de l’inspiration cette saison vient de quelque chose de tout simple :
ma fille, en train de faire de la peinture avec ses doigts.
Il y a quelque chose dans sa façon d’approcher la couleur — sans hésitation, sans suranalyse, juste complètement dans le moment — qui m’a complètement désarmée.
Et je me suis retrouvée attirée par des teintes plus légères, des palettes printanières, presque translucides, qui n’en font pas trop mais qui disent tout.
Ça m’a rappelé que créer, ça n’a pas besoin d’être parfait pour être juste.
Parfois, ça a juste besoin d’être ressenti.
Alors cette nouvelle série-là porte un peu de ça.
Moins de contrôle. Plus de jeu. Beaucoup plus de vie.
Un atelier qui s’agrandit (et qui se déplace un peu)
À un moment donné, sans trop que je m’en rende compte, ce petit projet qui vivait sur ma mezzanine a débordé.
Il existe maintenant — en partie — chez mes beaux-parents.
Plus d’espace, oui.
Mais surtout : plus de présence, plus d’aide, plus de soutien tranquille, intégré dans le processus.
Et honnêtement, je ne le dis pas assez : je suis profondément reconnaissante.
Pour l’espace qu’ils m’offrent (dans tous les sens du terme),
pour leur aide,
pour leur façon d’être là, simplement, sans jamais que ça devienne lourd.
Il y a quelque chose de vraiment apaisant à créer dans un endroit où on se sent soutenue comme ça.
Writuals est peut-être né d’un élan très personnel — mais il est clairement en train de devenir quelque chose de porté par plusieurs.
Et ça change tout. Pour le mieux.
Le printemps est devenu directeur artistique
Le printemps n’inspire pas — il insiste.
Sur la couleur.
Sur le mouvement.
Sur le fait d’essayer encore.
Partout en ce moment, il y a des signes :
des bourgeons, des fleurs un peu têtues, des journées qui s’étirent doucement.
Et tout ça se glisse dans ce que je crée.
Des couleurs plus claires.
Des compositions plus aérées.
Une douceur qui n’est pas fragile — mais ouverte.
Moins de pression de bien faire.
Plus de permission de commencer.
Du papier qui pousse (littéralement)
Ce printemps, j’avais envie d’aller encore plus loin avec quelque chose qui me tient vraiment à cœur :
Le papier ensemencé.
Pas comme un petit “extra cute”.
Mais comme une continuité du rituel.
Un papier qu’on utilise, qu’on écrit, qu’on offre… puis qu’on peut redonner à la terre.
Les semences qu’on utilise sont adaptées aux écosystèmes du Québec — choisies avec intention pour soutenir les pollinisateurs et favoriser la biodiversité locale, en collaboration avec des gens qui font ça avec respect.
C’est important pour moi que ce que je crée ne soit pas juste beau — mais qu’il participe, même modestement, à quelque chose de vivant.
Et il y a quelque chose de profondément poétique là-dedans :
On écrit.
On laisse aller.
Et plus tard — ça pousse.
Franchement, si ça c’est pas une métaphore de la vie…
La maternité, encore (mais autrement)
Le printemps et la maternité sont très liés pour moi.
Peut-être à cause du timing. Peut-être à cause des symboles. Peut-être juste parce que c’est là que j’en suis.
Mais créer cette nouvelle série — surtout ce qui touche à la fête des Mères — me fait vivre quelque chose de différent cette année.
Moins d’idéal.
Plus de réel.
La beauté, oui — mais aussi le chaos, les ajustements constants, les journées qui ne ressemblent jamais à ce qu’on avait prévu.
La maternité, comme le printemps, c’est vivant. Exigeant. Généreux. Épuisant. Énorme.
Et malgré tout… rempli d’émerveillement.
Et parfois, ça commence avec de la peinture sur une table qui finit par devenir une collection complète.
Ce qui s’en vient (doucement)
Il y a des nouveautés qui s’en viennent.
Pas toutes en même temps. Pas toutes parfaitement alignées.
Mais avec intention.
Des objets papier qui accompagnent.
Qui invitent à ralentir.
À réfléchir.
À ressentir quelque chose — même un mardi un peu ordinaire.
Des choses qu’on utilise. Qu’on garde. Et parfois… qu’on plante.
Une pensée de printemps
Si l’hiver était une saison pour se recueillir,
le printemps est une saison pour ouvrir la main.
Sans se presser.
Sans forcer.
Juste… laisser faire.
Se laisser recommencer.
Essayer autrement.
Revenir à quelque chose qu’on pensait avoir laissé derrière.
Grandir — même doucement.
Et peut-être que c’est suffisant.
—
Avec de l’encre sur les doigts, des couleurs pastels sur la table, et quelques semences pas loin,
Sarah
Fondatrice, Atelier scriptural Writuals