Laisser les choses décoller (un peu)
Il existe une version de cette histoire où tout s’est déroulé parfaitement.
Ce n’est pas celle-ci.
Ici, c’est la version où j’ai sérieusement hésité entre le citron ou à la vanille pour parfumer mon adhésif naturel.
(Le citron a gagné. Évidemment.)
C’est la version où j’ai fait cinq essais de colle.
Cinq.
Chacun avec sa personnalité. Aucun particulièrement coopératif.
C’est la version où j’ai regardé une pile de bloc-notes en me disant :
J’aurais peut-être juste pas dû me lancer là-dedans.
Et où je l’ai fait quand même.
La saga de la colle
On va commencer par là, parce que ça donne le ton.
Utiliser une colle maison, biodégradable, 100% naturelle, ça sonne très beau en théorie.
En pratique, c’est… formateur.
Ça ne se comporte pas comme de la colle PVA.
Ça ne respecte pas tes deadlines.
Ça a son humeur, son rythme, et parfois un petit penchant pour tester ton ego.
Il y a eu un moment — quelque part entre la version quatre et cinq — où je me suis sentie trahie par de la colle.
Ce qui n’était pas prévu dans mon parcours entrepreneurial.
Mais on a fini par y arriver.
Pas parfaitement.
Pas de façon impeccable.
Mais suffisamment.
Suffisamment pour tenir.
Suffisamment pour exister.
Suffisamment pour être partagé.
Les bloc-notes (mon arc narratif principal)
Les bloc-notes ont été, sans hésitation, les plus difficiles à créer.
Ce qui est un peu ironique, parce que c’est aussi le produit que je voulais faire depuis le début.
Ils sont faits à partir de retailles de papier provenant des livrets de la série no. 1 — des morceaux qu’on a récupérés, assemblés, transformés.
Et liés avec… oui.
Une colle maison.
Ils ne sont pas parfaits.
Ils ne sont pas faits pour survivre six mois dans le fond d’un sac sans conséquences.
Ils sont un peu délicats.
Certaines pages peuvent se détacher avec le temps.
Et c’est… voulu, en quelque sorte.
Il y a quelque chose de vrai dans un objet qui n’essaie pas de faire semblant d’être éternel.
Quelque chose qui rappelle qu’il a été fait à la main, avec des contraintes, avec des choix, avec du soin.
Personnellement, j’ai attaché un ruban autour de mon premier prototype pour prolonger sa vie.
Un peu de personnalisation, un peu de douceur, un petit on va s’aider mutuellement.
J’ai failli ne pas les lancer.
Mais je l’ai fait.
Parce que souvent, ce qui est le plus difficile à créer est aussi ce qui compte le plus.
Les timbres (un héritage tranquille)
Les timbres viennent d’un souvenir.
Mon père, dans son bureau, penché sur sa collection.
Mon conjoint, même souvenir, autre maison, même type de père.
C’est arrivé comme une évidence :
Une alternative aux autocollants.
Quelque chose de plus lent.
Plus intentionnel.
Moins jetable.
J’aime les utiliser sur des enveloppes, comme en-têtes dans un agenda, comme petits éléments décoratifs dans une page — un peu comme les lettres enluminées dans les anciens manuscrits.
Ça marque un moment, un souvenir.
Et ils goutent le citron.
Le papier ensemencé (l’excessif, dans le bon sens)
Quand je dis que ce sont des bombes de semences, je pèse mes mots.
Tu peux littéralement partir un petit jardin avec un seul paquet.
Ce papier-là n’a pas été pensé d’abord pour écrire — mais pour créer, décorer, parsemer, transformer : confettis, signets, étiquettes…
Tout est fait à partir de papier recyclé, teint avec des pigments végétaux maison, et enrichi de semences locales choisies pour soutenir les pollinisateurs.
C’était important pour moi que ce ne soit pas juste beau.
Que ce soit cohérent.
Tu l’utilises.
Tu l’apprécies.
Et ensuite — si tu veux — tu le laisses retourner à la terre.
Et quelque chose pousse.
Les cartes (pour toutes les occasions qui comptent)
Les cartes mettent en vedette l’échinacée.
Et ça, c’est très personnel.
Ça me fait penser à ma mère —
infirmière, passionnée de plantes médicinales, quelqu’un qui prend soin, qui soigne, qui soutient.
Quelqu’un qui mérite toutes les fleurs.
Elles sont là pour le printemps, la fête des Mères, Ostara, l'équinoxe — ou n’importe quel moment qui mérite un peu de douceur.
Parenthèse sur les encres (et Rosalie)
Les encres sont végétales, non toxiques… et oui, testées au goût.
J’ai regardé ailleurs une fraction de seconde.
Une.
Et elle a fait des bulles dans mon pot d'encre.
Elle allait bien.
Les encres sont sécuritaires.
Moi, j’ai eu besoin d’un moment pour calmer ma panique.
Mais Rosalie est honnêtement partout dans cette collection.
Elle a commencé à faire de la peinture au doigt pendant les fêtes, et dès que j’ai vu ce qu’elle faisait, c’était clair.
Les couleurs.
Les gestes.
La liberté.
Tout y est inspiré.
Et pour Lunaire
Le Cahier Lunaire ne fait pas partie de ce lancement.
Pas parce qu’il est moins important — mais justement parce qu’il l’est.
La vie s’en est mêlée.
On s’est passé la grippe pendant ce qui a semblé durer deux mois.
Et j’ai dû choisir :
Me dépêcher… ou respecter le processus.
On a choisi d’attendre.
Il sortira plus tard cette année.
Avec le temps, l’attention et le soin nécessaires.
Même si, oui, il aurait été parfaitement dans le thème en ce moment.
Ce que j’espère que vous ressentirez
J’espère que vous ressentirez le printemps dans cette collection.
J’espère que ça vous donnera envie de créer, d’essayer, de faire les choses autrement.
J’espère que vous aimerez nos objets qui ne sont pas parfaitement solides, parfaitement lisses, parfaitement maîtrisés.
Des objets qui s’usent, qui changent, qui peuvent se défaire un peu.
Des objets qui peuvent retourner à la terre.
Des objets qui rappellent que tout n’a pas besoin de durer pour avoir de la valeur.
—
Avec les doigts un peu collants, une odeur de citron, et beaucoup d’essais-erreurs,
Sarah
Atelier scriptural Writuals