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Le printemps n’était peut-être pas notre saison (et c'est complètement okay).

Chroniques en direct des retailles / Publié le 29 / 05 / 2026

Je pense que ce printemps est en train de m’apprendre quelque chose d’important :

Toutes les saisons ne sont pas les nôtres.

Et honnêtement? C’est une réalisation un peu étrange quand on dirige une entreprise entièrement construite autour des saisons.

Notre premier marché printanier a été tranquille. Le deuxième a été… encore plus tranquille. Par “tranquille”, je veux dire que j’ai fait une vente pendant toute la fin de semaine.

Une.

Ce qui est un type d’humilité très précis. Très formateur. Très “retour à la réalité”.

Le troisième marché? La date avait été déplacée sans que je m’en rende compte. Quand j’ai finalement vu le changement, la nouvelle date était déjà passée et j’ai dû annuler.

À un moment donné, ça cesse de ressembler à “une mauvaise fin de semaine” et ça commence à ressembler à l’univers qui te tape doucement sur l’épaule en disant : « Peut-être pas maintenant. »

Et je vais être honnête : La version de moi d’il y a quelques années l’aurait très mal pris. La version surperformante. Hyper efficace. Celle qui mesurait sa valeur à sa productivité, son momentum et ses résultats visibles.

Cette version-là aurait eu tout un « meltdown ».

Mais cette fois-ci, je me suis surtout assise avec tout ça.

Un peu déçue, oui.
Un peu confuse aussi.

Mais surtout… réfléchie.

Parce qu’au fond, je ne pense pas que quelque chose va mal. Je pense juste que le printemps n’est peut-être pas la saison de Writuals. Et étrangement? La seconde où cette pensée m’est venue, j’ai ressenti un immense soulagement. Tous les projets ne fleurissent pas au même moment.

Certaines choses sont faites pour l’automne. Pour ralentir. Pour l’introspection. Pour les retours à la routine, les soirées plus fraîches et ce moment de l’année où les gens recommencent soudainement à vouloir écrire, réfléchir, planifier.

Et quand je pense à Writuals — vraiment — ça fait du sens. Ce projet-là n’a jamais été conçu pour crier plus fort que tout le reste au printemps. Ça a toujours été quelque chose de plus calme. Plus lent. Quelque chose qu’on découvre quand on est prêt à le recevoir.

Ça ne veut pas dire que cette saison a été perdue. Loin de là. Parce que même dans les marchés les plus tranquilles, j’ai rencontré des gens incroyables.

Des artistes.
Des artisan.e.s.
Des créateur.trice.s qui transportent eux aussi leur univers créatif entier dans des bacs à 8 h du matin.

Des gens qui choisissent encore de faire les choses lentement, imparfaitement, obstinément.

Des gens qui improvisent en temps réel.

Et ces conversations-là avaient énormément de valeur. Honnêtement, parfois plus que les ventes.

Il y a quelque chose de profondément réconfortant dans le fait de parler avec des personnes qui comprennent ce que ça fait :

  • de passer des heures sur quelque chose que la majorité des gens regarderont pendant trois secondes
  • de se soucier de détails presque invisibles
  • de continuer quand même

Cette solidarité-là reste.

J’ai aussi réalisé autre chose ce printemps : Le slow-living est très beau en théorie… jusqu’à ce que la vie te ralentisse pour vrai. Pas le slow esthétique. Pas le slow avec des chandelles et des rideaux de lin qui flottent dans le vent. Je parle du slow :

  • des résultats décevants
  • des plans qui changent
  • de la guérison
  • de l’incertitude

Le genre de lenteur qui t’oblige à arrêter d’essayer de contrôler le timing.

Je vais subir une chirurgie en juin. Donc mon été ne ressemblera pas du tout à ce que j’avais imaginé. Et au lieu d’essayer de pousser plus fort ou de “rattraper le retard”, j’ai décidé de travailler avec cette réalité-là au lieu de me battre contre elle.

Plus de produits imprimés.
Plus de design.
Plus d’écriture.
Plus de création tranquille pendant que je guéris.

Moins forcer.

Plus écouter.

Je pense que c’est ça, le plus grand changement pour moi dernièrement. Je ne veux pas de lancements alimentés par le burnout. Je ne veux pas de croissance au détriment de ma santé, de ma famille ou du plaisir que j’ai à créer. Et peut-être que ça semble évident. Mais c’est étonnamment radical quand on essaie réellement de vivre comme ça. Surtout comme femme. Surtout quand on a été élevée à :

  • performer
  • pousser plus loin
  • rester productive peu importe quoi

Il y a une drôle de culpabilité dans le fait de ralentir volontairement. Comme si se reposer voulait dire échouer. Comme si faire une pause voulait dire qu’on n’était pas assez sérieuse. Mais je ne crois plus à ça.

Ou du moins, j’essaie très fort de ne plus y croire.

Alors non.

Le printemps n’était peut-être pas pour nous.

Les marchés ont été difficiles. L’achalandage était faible. Le timing semblait étrange. Et malgré tout. Le travail est bon. La vision est claire. Les gens qui connectent avec Writuals y connectent profondément. Et ça compte.

Je pense que je suis en train de bâtir quelque chose de plus discret que ce que j’avais imaginé au départ. Quelque chose de saisonnier dans le vrai sens du terme. Quelque chose qui ne fleurit peut-être pas bruyamment — mais profondément. Et honnêtement? Je pense que ça me convient.

Avec quelques bloc-notes invendus, une nouvelle perspective et une confiance grandissante envers les saisons plus lentes,
Sarah
Atelier scriptural Writuals